Ishinho : le plaisir

Après 1927, Jigorô Kanô a révisé le triple objectif initial du jd en l'étendant avec un quatrième, à savoir ishinho (la satisfaction mentale) en cultivant la sensibilité esthétique (biteki kansei no kanyo). L'idéal esthétique le plus élevé du kata est le nyushin shimyo (extraordinaire compétence surnaturelle), une qualité comparable à celle du yugen du théâtre No. Les explications actuelles du Kôdôkan sont imparfaites et ne sont soutenues ni par la biomécanique sous-jacente ni par ses fondements historiques. Empêcher une nouvelle dégradation de ce kata parmi les instructeurs et les juges de kata nécessite de le comprendre intellectuellement comme un ikimono (chose vivante) dont l'essentiel va bien au-delà de la simple copie de ses modèles mécaniques.

Le travail est souvent associé dans l'esprit des gens à la souffrance (étymologiquement, du latin tripalium, tension dirgée vers un but et qui rencontre une résistance, entraînant une souffrance), à la contrainte, alors que la plupart des enseignants de Jd / Jùjutsu ne sont pas que des mercenaires (terme désignant à l'origine toute personne offrant un service contre un paiement) mais prennent plaisir à exercer leur métier ; ceci ne peut bien sûr constituer en aucun cas une cause de moindre rémunération, au contraire. Plus ils prennent plaisir et plus ils sont bons et plus ils souffrent et moins ils sont bons.

L'ikigaï est une philosophie de vie japonaise qui consiste à trouver un sens à notre vie, un équilibre, une raison de se lever le matin et d'être heureux d'accueillir chaque jour. Une étude japonaise a démontré que l'ikigaï est facteur de bonne santé et de longévité. Ikigai est l'équivalent japonais de la « joie de vivre » et de la « raison d'être ». Dans la culture d'Okinawa, ikigai est perçu comme une raison de se lever le matin.

Le fait de prendre plaisir à son travail en vivant sa passion n'est donc pas un facteur qui diminu les mérites des enseignants mais au contraire qui les justifient attendu qu'un passionné sera toujours plus investis dans son travail qu'un autre.