L'Emblème (kishô) du Kôdôkan


À partir de 1894 ou 1895 existait un drapeau (aujourd’hui disparu) que Kanô Jigorô remettait au représentant du groupe vainqueur lors des rencontres semestrielles des rouges contre les blancs (kôhaku shiai). Or, ce drapeau, composé à part égale d’une partie rouge et d’une autre blanche (si, par exemple, les blancs l’avaient emporté, pour les 6 mois suivants le drapeau était accroché le blanc vers le haut avec un pompon blanc au sommet) était décoré d'un signe représentant un cœur de fer entouré de ouate pour former une boule et qui symbolise un des bons aspects du pratiquant de judo "souple à l’extérieur, ferme à l’intérieur " ».

C’est en octobre 1940 (an 15 de l’ère Shôwa) sous la présidence de Nangô Shirô (1876-1951) que l’emblème du Kôdôkan fut décidé. On dit que la forme globale rappelle les miroirs de bronze de l’antiquité, et que le cercle rouge en son centre représente un cœur sincère et incandescent tel le métal, tandis que la partie blanche qui l’entoure symbolise l’ouate blanche qui l’enveloppe moelleusement. Les 8 sommets ne sont pas anodin puisqu’il représente toutes les directions, l’ensemble, le tout. Or, sur nombre des miroirs de cette forme, on va retrouver soit les quatre gardiens des directions (Genbu [nord], Seiryû (ou Seiryô) [est], Suzaku [sud], Byakko [ouest]), ce qui ramène à l’idée de ces huit pétales comme image du monde dans son ensemble (de la totalité des directions), soit une ou les quatre créatures mythiques chinoises (le phœnix, le qilin, le dragon et la tortue), rois des animaux, extrêmement rares et symbolisant la paix. Leur présence sur ce miroir représente donc le monde en paix.

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